26-10-1916
: Naissance de François Mitterrand à Jarnac d'un père ancien Chef
de gare ayant repris la vinaigrerie familiale
xx-xx-1938
: Diplômé en droite et diplômé de l'école des sciences politiques
xx-xx-1939
: Mobilisé comme sergent
xx-xx-1940
: Nommé au Commissariat aux Prisonniers de Guerre par Vichy
xx-12-1941
: Il s'évade d'un camp de prisonniers en Allemagne
xx-xx-1942
: Nommé Chef de la Section Presse du Commissariat au reclassement
des prisonniers de Guerre à Vichy
xx-04-1942
: Il rejoint la Résistance après avoir rencontré un groupe
d'hommes au Château de Montmaur dans les Hautes-Alpes et mène un
double jeu
xx-x3-1942
: Fonde le Rassemblement National des Prisonniers de Guerre
(RNPG)
xx-xx-1943
: Décoré de l'ordre de la Francisque
xx-12-1943
: Entre officiellement dans la Résistance et se rend à Londres
puis à Alger
26-08-1944
: Secrétaire Général aux prisonniers, déportés et réfugiés du
Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) jusqu'au 10/09/1944
27-10-1944
: Mariage avec la résistante Danielle Gouze
xx-xx-1945
: Rédacteur en chef du journal "Libres"
xx-xx-1945
: Très marqué à Gauche du fait des multiples rencontres durant la
guerre il écrit à son meilleur ami Georges Dayan "Mon idéal
est pour l'unité ouvrière et restera fidèle à sa prise de pouvoir"
02-06-1946
: Battu à l'élection de la Deuxième Assemblée Constituante
10-11-1946
: Elu député de la Nièvre
22-01-1947
: Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (gouvernement
Ramadier) jusqu'au 22/10/1947
24-11-1947 : Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (gouvernement Schumann) jusqu'au 26/07/1948
26-07-1948
: Secrétaire d'Etat à la Présidence
du Conseil chargé de l'information (gouvernement Marie) jusqu'au 05/09/1948
05-09-1948 : Secrétaire d'Etat à la Vice-Présidence du Conseil (gouvernement Schumann) jusqu'au 11/09/1948
11-09-1948 : Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil (gouvernement Queuille) jusqu'au 28/10/1949
12-07-1950 : Ministre de la France d'Outre-Mer (gouvernements Pleven et Queuille) jusqu'au 11/08/1951
20-01-1952 : Ministre d'Etat (gouvernement Faure) jusqu'au 08/03/1952
28-06-1953 : Ministre Délégué au Conseil de l’Europe (gouvernement Laniel) jusqu'au 04/09/1953
19-06-1954
: Ministre de l'Intérieur (gouvernement Mendès France) jusqu'au 23/02/1955
01-02-1956
: Ministre d'Etat de la Justice (gouvernement Mollet) jusqu'au 13/06/1957
30-11-1958
: Battu aux élections législatives
xx-04-1959
: Elu sénateur de la Nièvre
23-10-1959 : Echappe à un attentat à l'Observatoire controversé
28-10-1962
: Les français votent par référendum à 62.25% POUR l'élection du
Président de la République au suffrage universel. François Mitterrand
qui était pour le NON profitera plus tard de ce changement de la
Constitution
25-11-1962
: Elu député de la Nièvre
xx-xx-1964
: Président du conseil général de la Nièvre
xx-xx-1965
: Président de la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste
(FGDS)
19-12-1965
: Battu à l'élection présidentielle
28-05-1968
: Annonce sa candidature à une élection présidentielle annoncée
qui n'aura pas lieu
xx-06-1968
: Réélu député de la Nièvre
13-06-1971
: Premier Secrétaire du Parti Socialiste (PS) au congrès d'Epinay
27-06-1972
: Signature du programme commun de la gauche avec le Parti Communiste
Français (PCF) et les Radicaux de Gauche
xx-xx-1973
: Réélu Premier Secrétaire du PS au congrès de Grenoble
07-04-1974
: Annonce sa candidature à l'élection présidentielle
10-05-1974 : François Mitterrand déclare au cours du face à face l'opposant à Valéryy Giscard d'Estaing : "Je suis le seul candidat qui ait dit à toute la France, je ne récuse aucun français...[...] l'anti-communisme, il faut s'en débarrasser, ..ne coupez pas la France en deux...Moi je serai l'homme de la réconciliation... "
19-05-1974
: Battu à l'élection présidentielle
05-05-1981 : François Mitterrand réplique à Valéry Giscard d'Estaing au cours du face à face télévisé :
"Et vous, vous
êtes un homme du passif.”
10-05-1981 : Elu Président de la République Française
21-05-1981 : François Mitterrand prend ses fonctions et entre à L'Elysée. Pierre
Mauroy nommé Premier Ministre
17-07-1981
: Vote de la Cinquième semaine de congés payés et de la semaine
de 39 heures
18-09-1981
: Abolition de la peine de mort
22-09-1981
: Inauguration du TGV par le Président Mitterrand
01-10-1981
: Le nombre de chômeurs dépassent 2 Millions
04-10-1981
: Le franc est dévalué de 8.5% par rapport au mark
28-01-1982
: Loi nationalisant plusieurs grandes entreprises françaises
02-03-1982
: Loi sur la décentralisation
26-03-1982
: L'age de la retraite est fixée à 60 ans
12-06-1982
: Dévaluation du franc de 10% par rapport au mark et mise en place
du premier plan de rigueur
22-06-1982
: Loi Quillot fixant les rapports entre propriétaires et locataires
29-07-1982
: Création de la Haute Autorité de l'audiovisuel composée de neuf
membres
04-08-1982
: Loi Auroux sur le droit des travailleurs en entreprise
09-08-1982
: Attentat de la rue des Rosiers à Paris faisant 6 morts et
22 blessés
29-09-1982
: Plan de réforme de la Sécurité Sociale
28-10-1982
: Loi Ralite surle secteur hospitalier
20-12-1982
: L'IVG est remboursée par la sécurité sociale
13-03-1983
: Jacques Chirac réélu à la Mairie de Paris
21-03-1983
: Dévaluation du franc de 8% par rapport au mark. Second plan de
rigueur, Second Gouvernement Mauroy
05-04-1983
: Expulsion de 47 diplomates russes accusés d'espionnage
16-08-1983
: Déploiement des troupes françaises au Tchad pour stopper l'avance
libyenne vers N'Djamena
23-10-1983
: 58 militaires français sont tués à Beyrouth
01-01-1984
: La France préside la CEE pour 6 mois
31-03-1984
: La France retire ses troupe de la force multinationale de Beyrouth
24-06-1984
: Plus de 1 million de personnes dans la rue pour sauver l'école
libre
12-07-1984
: Retrait du projet Savary sur l'école
17-07-1984
: Laurent Fabius est nommé Premier Ministre
xx-07-1984
: Statut d'autonomie voté pour la Nouvelle Calédonie
22-09-1984
: Le Président Mitterrand et le Chancelier allemand Elmut Kohl main
dans la main à Douaumont où 700000 sont tombés
26-09-1984
: Création des Travaux d'Utilité Publique (TUC)
16-10-1984
: Le petit Grégory est retrouvé noyé dans la Vologne
11-03-1985
: Mikhaïl Gorbatchev est élu Secrétaire Général du Comité Central
en URSS. Début de la Pérestroïka
26-06-1985
: Adoption du scrutin proportionnel
10-07-1985
: Attentat contre le Rainbow Warrior à Aucland (Australie)
; début de l'affaire Greenpeace
21-12-1985
: Ouverture des Restos du Coeur par Coluche
28-01-1986
: Explosion de la navette américaine Challenger
20-03-1986
: Première Cohabitation de la Vème République (Jacques Chirac RPR
est nommé Premier Ministre)
26-04-1986
: Accident nucléaire de Tchernobyl
03-06-1986
: Abrogation de la looi Quillot
11-07-1986
: Abrogation de la loi Savary
14-07-1986
: Le Président Mitterrand refuse de signer les ordonnances de privatisation
17-11-1986
: Le Président de Renault, Georges Besse, est assassiné par Action
Directe
20-12-1986
: Nouveau conflit entre le Président Mitterrand et son Premier Ministre
sur le découpage électoral
16-01-1987
: Nouveau conflit entre le Président Mitterrand et son Premier Ministre
sur l'ordonnance relative au temps de travail
22-03-1988 : Le Président Mitterrand annonce sa candidature à sa succession
24-04-1988
: Premier tour des présidentielles
05-05-1988:
Libération des otages du Liban
05-05-1988
: Assaut de gendarmes dans la grotte d'Ouvéa en Nouvelle Calédonie
faisant 21 morts dont 19 indépendantistes
08-05-1988
: François Mitterrand est réélu Président de la République Française
et nomme Michel Rocard 1er Ministre
26-06-1988
: Accords de Matignon sur la Nouvelle Calédonie
03-11-1988
: Référendum approuvant les accords de Matignon par 79.99% des voix
11-11-1988
: Institution du Revenu Minimum d'Insertion (RMI)
19-03-1989
: Jacques Chirac réélu à la Mairie de Paris
04-06-1989
: Ecrasement dans le sang du printemps de Pékin
14-07-1989
: Célébrations fastueuses du bicentenaire de la Révolution Française
09-11-1989
: Chute du Mur de Berlin
16/22-11-1989
: L'Allemagne de l'est est en ébullition
03-08-1990
: L'Irak envahit le Koweït
17-01-1991
: Début de la guerre contre l'Irak à laquelle participe la France
27-01-1991
: Démission du Ministre de la Défense Jean-Pierre Chevennement opposé
au conflit
28-02-1991
: Libération du Koweït
15-05-1991
: Edith Cresson nommée Premier Ministre (Première femme à cette
fonction)
03-06-1991
: La France adhère au traité de non-prolifération nucléaire
07-02-1992 : Référendum sur la Signature du Traité de Maastricht ouvrant les
voies de l'Europe à la France
02-04-1992
: Pierre Bérégovoy est nommé Premier Ministre
22-06-1992
: Accord franco-allemand créant l'Eurocorps
xx-06-1992
: Le Président assiste au 1er Sommet de la Terre à Rio (Brésil)
23-06-1992
: Début du procès du sang contaminé
16-09-1992
: Annonce publiquement qu'il est atteint d'un cancer caché depuis
1981 suite à une hospitalisation
20-09-1992
: Référendum approuvant le Traité de Maastricht avec 52.04% des
voix
29-03-1993 : Deuxième cohabitation de la Vème République (Edouard Balladur
RPR Premier Ministre)
01-05-1993
: Suicide de l'ancien Premier Ministre Pierre Bérégovoy
06-06-1993
: Assassinat de Paul Bousquet
24-06-1993
: Réforme du code de la nationalité
xx-07-1993
: L'emprunt Balladur rapporte 110 Milliards de francs
30-03-1994 : Retrait du Contrat d'Insertion Professionnel (CIP) suite à des
manifestations d'étudiants
07-04-1994
: Suicide à l'Elysée de François de Grossouvre
06-05-1994
: Inauguration du tunnel sous la Manche reliant la France à l'Angleterre
xx-07-1994
: Seconde hospitalisation du Président Mitterrand
10-05-1995 : Démission d'Edouard Balladur
17-05-1995
: François Mitterrand quitte l'Elysée pour laisser la place au nouveau Président de la République élu Jacques Chirac (RPR)
xx-01-1996
: François Mitterrand se sachant condamné refuse de s'alimenter
et de prendre ses médicaments
08-01-1996
: Décès de François Mitterrand d'un cancer à Paris
Discours d'investiture à l'Elysée 21/05/1988
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel,
Mesdames, Messieurs,
Au seuil de ce septennat, je souhaite interpréter en peu de mots, aussi justement que possible, la volonté populaire exprimée le 8 mai.
Je le ferai tourné vers l'avenir, sans égrener les comptes du passé, et je poserai cette question :
Quelle leçon essentielle tirer de l'événement qui me vaut d'assumer aujourd'hui, dans la continuité de nos institutions et de mon propre mandat, la magistrature suprême ?
La réponse est là, évidente : par le coeur et par la raison, la France aspire à rassembler ses forces dans le respect de ses valeurs, les valeurs de la République; Et quand je dis la France, je pense à l'immense majorité des Français.
C'est sur ce thème que je me suis engagé devant le pays. Notre peuple l'a ratifié. Au-delà des vicissitudes du moment, des hésitations, des retards, séquelles normales de nos compétitions ou lenteurs de l'Histoire prise au piège de ses habitudes, j'entends persévérer.
Aller à l'unité et comprendre les contradictions, j'appliquerai cette paraphrase d'une expression fameuse de Jaurès à mon action de chaque jour, assuré que, pour le principal, l'amour de la patrie et l'attachement à la démocratie prendront le pas sur la querelle.
Répétons-le sans nous lasser. Ce mois de mai 1988 n'a pas vu les bons l'emporter sur les méchants - ni le contraire -. Je n'aime pas cette dialectique sommaire. Même si je crois profondément à la justesse des principes au nom desquels près de 17 millions de Français m'ont donné leur confiance, même si je reste ardemment attaché à l'idéal que servent les socialistes épris de liberté depuis l'aube des sociétés industrielles.
Le respect des uns pour les autres est à la base du pacte hors duquel la communauté nationale perdrait son véritable sens.
Mais une France injuste est une France divisée. Une France refermée sur elle-même et sur ses divisions est ou serait inapte à gagner les enjeux qui l'attendent dans l'arène du monde, plus encore dans l'Europe sans frontières de demain.
C'est pourquoi je ne sépare pas le devoir politique d'ouverture de l'obligation sociale de solidarité, ni l'obligation de solidarité de l'esprit d'entreprise, l'esprit d'initiative dont nous avons plus que jamais besoin.
Démocratiser la société, refuser l'exclusion rechercher l'égalité des chances, instruire la jeunesse, la former aux métiers et aux techniques qui lui apporteront la sécurité de l'emploi dans des entreprises elles-mêmes modernisées, accroître le savoir, servir la création de l'esprit et des mains, guérir la vie quotidienne du plus grand nombre des Français de ses multiples tares, et parfois de ses intolérables servitudes, priorité au dialogue ici et là-bas à l'autre bout de la planète, voilà le chemin qu'il faut prendre, le rendez-vous auquel je vous convie, si l'on veut que le "principe-espérance" triomphe des pulsions de la peur et de l'affrontement.
C'est en somme une victoire de la République qu'il nous faut ensemble assurer. La République n'appartient à personne. Nous en sommes tous, à des titres différents, les garants et les artisans. Sur le chantier de ces valeurs toujours neuves, pour ces combats de chaque jour qui se nomment liberté, égalité, fraternité, aucun volontaire n'est de trop. Nous en fêterons l'an prochain le deuxième centenaire. Que notre pays sache en garder la jeunesse, l'élan et le rayonnement !
Mes chers compatriotes, il m'incombe avant tout autre, au nom de la Nation tout entière, de faire prévaloir l'intérêt général sur les intérêts particuliers ou partisans. Comptez sur moi. Je n'exagérerai pas le rôle de la France si je rappelle que ce qu'elle fait et la manière dont elle agit intéressent le monde entier. On connaît son message de paix, de justice, de progrès.
Je l'adresse à nouveau à tous les peuples de la terre.
Vive la République, vive la France.
Discours d'investiture à l'Elysée 21/05/1981
Messieurs les Présidents,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
En ce jour où je prends possession de la plus haute charge, je pense à ces millions et ces millions de femmes et d'hommes, ferment de notre peuple qui, deux siècles durant, dans la paix et la guerre, par le travail et par le sang, ont façonné l'Histoire de France, sans y avoir accès autrement que par de brèves et glorieuses fractures de notre société.
C'est en leur nom d'abord que je parle, fidèle à l'enseignement de Jaurès, alors que, troisième étape d'un long cheminement, après le Front populaire et la Libération, la majorité politique des Français démocratiquement exprimée vient de s'identifier à sa majorité sociale.
Il est dans la nature d'une grande nation de concevoir de grands desseins. Dans le monde d'aujourd'hui, quelle plus haute exigence pour notre pays que de réaliser la nouvelle alliance du socialisme et de la liberté, quelle plus belle ambition que l'offrir au monde de demain ?
C'est, en tout cas, l'idée que je m'en fais et la volonté qui me porte, assuré qu'il ne peut y avoir d'ordre et de sécurité là où règnerait l'injustice, gouvernerait l'intolérance. C'est convaincre qui m'importe et non vaincre.
Il n'y a eu qu'un vainqueur le 10 mai 1981, c'est l'espoir. Puisse-t-il devenir la chose de France la mieux partagée ! Pour cela j'avancerai sans jamais me lasser sur le chemin du pluralisme, confrontation des différences dans le respect d'autrui. Président de tous les Français, je veux les rassembler pour les grandes causes qui nous attendent et créer en toutes circonstances les conditions d'une véritable communauté nationale.
J'adresse mes voeux personnels à M. Valéry Giscard d'Estaing. Mais ce n'est pas seulement d'un homme à l'autre que s'effectue cette passation de pouvoirs, c'est tout un peuple qui doit se sentir appelé à exercer les pouvoirs qui sont, en vérité, les siens.
De même si nous projetons notre regard hors de nos frontières, comment ne pas mesurer le poids des rivalités d'intérêts et les risques que font peser sur la paix de multiples affrontements. La France aura à dire avec force qu'il ne saurait y avoir de véritable communauté internationale tant que les deux tiers de la Planète continueront d'échanger leurs hommes et leurs biens contre la faim et le mépris.
Une France juste et solidaire qui entend vivre en paix avec tous peut éclairer la marche de l'humanité. A cette fin, elle doit d'abord compter sur elle-même. J'en appelle ici à tous ceux qui ont choisi de servir l'Etat. Je compte sur le concours de leur intelligence, de leur expérience et de leur dévouement.
A toutes les Françaises et à tous les Français, au-delà de cette salle, je dis ayons confiance et foi dans l'avenir.
Vive la République.
Vive la France !
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